Suivez le Chantier vert : 11 "Fer...et refaire les profils de la formation"

chantier-vert/chantier_vert_photo1Le bâtiment monte… les poutres sont maintenant décoffrées et le plancher y repose… et pourtant à l’origine du projet, les poutres de ceinture en béton n’étaient pas prévues ! 

Je vous ai expliqué le pourquoi de cet ajout lors de l’article 9 sur la simplification de la charpente.

Hé oui, une simplification d’un côté entraine parfois une complication ailleurs, à un autre moment, ou les deux ensembles. Nous avons eu les deux…


Voici donc l’histoire d’une autre simplification, et non des moindres, la structure métallique.

batiment en formationAu départ, il fut imaginé une structure basique. Des profils métalliques auraient soutenus les planchers en béton, les linteaux des portes et fenêtres étaient aussi prévus en métal, tout comme les poutres du pignon de façade. Les colonnes de 140/140mm soutenaient l’ensemble à quatre endroits, soit les deux fenêtres d’angle et les grandes poutres de l’entrée.
A en juger comme cela, il n’y avait jusque-là pas vraiment de quoi jeter les bras au ciel. C’est une solution appétissante par sa simplicité de mise en œuvre. Solution classique vue très régulièrement sur la plupart des chantiers visibles par nous tous, tout au moins si on y prête un peu d’attention, ce dont je ne doute pas un seul moment. Simple pour la conception, simple également pour la pose par le maçon, en tout cas dans un premier temps.

Alors pourquoi avoir modifié le concept?

Le montage de quelques profils métalliques n’apportait que peu de plus-value au parcours de formation de nos stagiaires. La pose des poutrelles aurait nécessité une grue mobile avec son opérateur durant deux heures… et puis ? Cela aurait été rapide mais nous aurions dû prévoir un engin de levage supplémentaire. L’un dans l’autre les deux stratégies sont plus ou moins valable, tout est une question de position… comme disait le soumissionnaire !

La pose des linteaux des fenêtres et portes extérieures en solution métalliques n’aurait été pas forcément plus simple ni rapide si l’on compte le temps passé par le maçon au rattrapage des hauteurs différentes entre profil métal et blocs de 18cm. La solution des linteaux coulés en place est à ce niveau-là, bien plus cohérente en termes de faisabilité, simplicité, résistance statique et résistance au feu, puisque n’oublions pas que nous sommes dans un lieu à accès au public. Les règles sont plus strictes et aucun élément structurel ne doit rester apparent et de plus être RF 1h. Cela est valable autant pour les pièces métalliques intérieures qu’extérieures. C’est l’aspect thermique qui fut, lui, déterminant.
Pied de colonne
La photo de l’entrée du bâtiment (ci-dessus) est éclairante. On distingue bien les poutres en béton supportées par les colonnes métalliques de 140/140mm. L’avantage de la solution poutre béton provient du fait que la pose de l’isolation sera bien plus aisée avec une poutre béton qu’avec un profilé métal. D’autre part vu que la colonne métallique était indispensable, le froid aurait trouvé un chemin aisé… que dis-je, une autoroute, un boulevard ! Pour traverser l’enveloppe et entrer dans le volume protégé du bâtiment qui aurait du même coup perdu pas mal de chance d’être passif. A ce niveau-là, le risque était trop élevé pour ne pas imaginer une autre solution simple.
Pour être complet sur l’aspect de l'isolation et de la thermique, il est bien plus simple d’isoler des surfaces planes que des creux de profil en acier. De plus si l’on y ajoute les aspects de membranes d’étanchéité au-dessus des baies, les ancrages de crochets, le collage des isolants sous crépis…. Le calcul est vite fait.
Le béton en valait vraiment la peine, et nous avons préféré donc cette solution, plus longue et pas forcément plus simple sur le plan logistique.

La répartition des tâches fut la suivante.

Les poutres de ceinture ont été pour la plupart coffrées et bétonnées par les stagiaires maçons.

colonne

Il est vrai qu’elles ne font que 27 cm de hauteur et qu’il s’agit là d’un bel exercice complémentaire pour les maçons.
Les stagiaires coffreurs se sont chargés quant à eux des vraies poutres. Presque six mètres de long et soixante centimètres de haut, en voilà de la poutre ! Cela nécessite des matériaux spécifiques ainsi que des techniques de coffrage qui ne sont plus forcément associées à celles des maçons. C’est là le vrai domaine des coffreurs.
Les colonnes métalliques furent montées par la suite, puisqu’une livraison trop tardive des tubes nous y a malheureusement contraints. Les faits de chantiers imposent aussi parfois des solutions différentes et propice à la créativité technique… quel beau domaine que celui de la construction !colonne

           

                         

 

 

L'équipe du Chantier Vert